L’hebdo crypto du 20 octobre 2026
Un mardi matin sur deux, café en main, retrouvez l’incontournable du marché crypto résumé par notre équipe.
5 minutes de lecture pour rester à jour ! Voici ce qu’il faut retenir de la quinzaine.
Kraken rachète une banque européenne | Institutions
La frontière entre la banque et la crypto se déplace depuis deux semaines, et Kraken en fournit le premier signal. Le 14 octobre, Payward, maison mère de Kraken, l’une des plus anciennes plateformes d’échange de crypto-actifs, fondée en 2011, a annoncé l’acquisition de Saldo Bank. Cet établissement de crédit lituanien détient une licence bancaire de l’Union européenne depuis 2021 et propose des prêts aux particuliers et aux entreprises ainsi que des dépôts à terme.
Le montant n’est pas divulgué. La clôture est attendue en 2027, sous réserve des autorisations réglementaires. Selon le Financial Times, Payward serait le premier acteur crypto à acquérir une banque en Europe.
L’objectif est de réunir dans un même système les espèces, les crypto-actifs, les actions tokenisées, c’est-à-dire des actions représentées sur une blockchain, et le crédit. Le client pourrait ainsi emprunter ou prêter en s’adossant à ses actifs, sans avoir à les vendre.
L’opération s’inscrit dans une série : rachat de Bitnomial, spécialiste des produits dérivés, pour 550 millions de dollars en avril 2026 ; rachat de Reap Technologies, paiements en stablecoins en Asie, pour 600 millions de dollars en mai ; demande de charte de trust national déposée en mai auprès de l’OCC, le régulateur bancaire fédéral américain. L’introduction en Bourse est reportée au deuxième trimestre 2027 au plus tôt.
La portée est d’abord réglementaire : un acteur crypto qui devient banque se soumet à la supervision bancaire ; une banque qui conserve des crypto-actifs se soumet à MiCA. Les exigences s’alignent vers le haut.
Source : Decrypt
Deutsche Bank va conserver du Bitcoin et de l’Ether | Adoption
La conservation de crypto-actifs entre dans l’offre d’une grande banque allemande. Selon Reuters, relayé par Cryptoast le 16 octobre, Deutsche Bank lancera « dans les semaines à venir » son premier service crypto, consacré à la conservation, c’est-à-dire la garde sécurisée des clés privées qui donnent accès aux actifs. Le service s’adresse à ses clients entreprises et institutionnels.
Le déploiement se fera par étapes. La banque commencera par la conservation de Bitcoin et d’Ether, puis ajoutera des options plus avancées, dont la conversion vers certains stablecoins, ces tokens dont la valeur est indexée sur une monnaie. L’extension aux centres financiers asiatiques est prévue en 2027. Avant tout lancement, la banque doit notifier son superviseur, la BaFin.
La suite est déjà annoncée : des dépôts tokenisés, et l’accompagnement des clients qui émettent des titres sur blockchain, par exemple des obligations numériques.
Gerald Podobnik, codirecteur mondial de la banque d’entreprise, résume la position : la banque devra proposer des solutions de tokenisation ou de blockchain en complément de ses services traditionnels, « mais pas nécessairement pour remplacer ce que nous faisons aujourd’hui ». La banque d’entreprise vise une croissance annuelle de 8 % d’ici 2028.
La proposition de valeur est simple : détenir des crypto-actifs sans gérer soi-même de clés privées ni d’infrastructure dédiée. C’est précisément la question que se posent les trésoriers d’entreprise avant d’allouer.
Source : Cryptoast
Mastercard ajoute les stablecoins à ses cartes de paiement | Stablecoins
Mastercard intègre les stablecoins au cœur de son réseau. Le jeudi 15 octobre, le groupe a présenté Global Money Platform, première intégration majeure de BVNK, l’infrastructure de stablecoins qu’il a acquise en août 2026. Un stablecoin est un token conçu pour conserver une valeur stable, généralement indexée sur une monnaie comme le dollar.
La plateforme réunit plusieurs fonctions : détenir et convertir des monnaies et des stablecoins ; émettre des cartes liées à un solde en stablecoins ; payer directement depuis ce solde vers le compte bancaire d’un bénéficiaire. Elle se connecte à Mastercard Move, qui donne accès à plus de 17 milliards de destinations, comptes et cartes, ainsi qu’au réseau de commerçants Mastercard.
La cible n’est pas le grand public mais les entreprises financières. L’idée est de leur permettre de proposer des services en stablecoins sous leur propre marque, sans construire l’infrastructure. Les premiers utilisateurs sont Nuvei et Marqeta, deux spécialistes du paiement. Mastercard n’a pas précisé quels stablecoins seront pris en charge.
Le mouvement répond à son concurrent direct. Visa a lancé en juillet 2026 une plateforme permettant aux institutions financières de détenir, d’émettre et de transférer des stablecoins.
Les deux grands réseaux de cartes traitent désormais le stablecoin comme un moyen de paiement parmi d’autres. Pour l’utilisateur final, la différence deviendra peu visible : il paiera avec une carte, et le règlement passera par une blockchain en arrière-plan.
Source : Cointelegraph
Le point marché selon Qwarks | Marché
La quinzaine a mis fin à la collecte des ETF, et la raison est macroéconomique.
L’inflation américaine relance la question des taux
L’inflation américaine accélère à nouveau. Selon le rapport du Bureau of Labor Statistics publié le 14 octobre, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 3,7 % sur un an en septembre, contre 3,6 % attendus et 3,4 % les deux mois précédents. L’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, atteint 2,6 %, contre 2,4 % en août et 2,5 % attendus.
L’énergie tire l’ensemble : +20,4 % sur un an, dont +34,2 % pour l’essence, à 4,33 dollars le gallon, et un diesel record à 6,29 dollars fin septembre. Les causes citées sont la guerre en Iran et la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
La Réserve fédérale a relevé ses taux en septembre, pour la première fois depuis 2023 ; ses taux directeurs se situent entre 3,75 % et 4 %. Selon Capital Economics, la probabilité d’une nouvelle hausse lors de la réunion des 27 et 28 octobre est passée de 20 % à 50 % après la publication. La réunion suivante est prévue les 8 et 9 décembre.
Deux semaines de sorties sur les ETF
Les ETF Bitcoin spot américains, ces fonds cotés qui détiennent directement des bitcoins, ont enregistré 681,1 millions de dollars de sorties sur la semaine du 5 au 9 octobre. Cette décollecte met fin à trois semaines d’entrées ; Fidelity (FBTC) perd 380 millions et ARK 21Shares (ARKB) 207 millions. Les ETF Ethereum perdent 542,1 millions.
La semaine du 12 au 16 octobre prolonge le mouvement : -228,4 millions sur les ETF Bitcoin, dont -165 millions pour IBIT de BlackRock, et -320,1 millions sur les ETF Ethereum, dont -299 millions pour ETHA de BlackRock. Au total, environ 910 millions de dollars sont sortis des ETF Bitcoin en deux semaines.
Les cours
| Actif | 16/09 | 02/10 | 09/10 | 16/10 | 31/12/2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Bitcoin (BTC) | 76 150,32 | 84 497,21 | 82 546,32 | 81 500,80 | 87 508,83 |
| Ethereum (ETH) | 2 416,12 | 2 668,15 | 2 485,54 | 2 419,77 | 2 967,04 |
| S&P 500 | 7 551,81 | 7 722,72 | 7 811,54 | 7 659,44 | 6 845,50 |
Cours de clôture en dollar. Sur la quinzaine, du 2 au 16 octobre, le Bitcoin recule de 3,5 %, l’Ether de 9,3 % et le S&P 500 de 0,8 %.
Les performances en euro
| Actif | 7 jours | 1 mois | 2026 (au 16/10) |
|---|---|---|---|
| Bitcoin (BTC) | -1,7 % | +9,7 % | -2,8 % |
| Ethereum (ETH) | -3,1 % | +2,7 % | -14,8 % |
| S&P 500 | -2,4 % | +4,0 % | +16,8 % |
Performances en euro, arrêtées au 16 octobre 2026 à la clôture, converties aux taux de référence de la Banque centrale européenne. Le S&P 500 est un indice de prix, dividendes non réinvestis. L’euro gagne 0,25 % face au dollar sur la quinzaine, un effet de change négligeable, mais il recule de 2,5 % sur un mois.
Notre lecture
Il y a quinze jours, nous écrivions que la lecture de reprise supposait le maintien des flux institutionnels, et que deux semaines de sorties suffiraient à la remettre en question. Ces deux semaines sont là.
Nous ne retirons pas cette lecture, nous la rétrogradons. La tendance n’est pas cassée, le Bitcoin se maintenant au-dessus de 80 000 dollars. En revanche, le moteur des flux s’est arrêté, et pour une raison macroéconomique : tant que la Réserve fédérale peut remonter ses taux, les capitaux passifs hésitent. Le prochain rendez-vous est fixé aux 27 et 28 octobre.
Le mouvement de fond, lui, ne dépend pas de la Fed : Kraken, Deutsche Bank et Mastercard montrent que l’infrastructure avance aussi pendant les phases de repli. Cette lecture reste une anticipation, pas une certitude.
Sources : inflation, Bureau of Labor Statistics relayé par CBS News, et Capital Economics ; flux ETF, SoSoValue et Farside Investors relayés par Capmad et CoinReporter ; cours, Yahoo Finance ; change, taux de référence de la Banque centrale européenne.
MSCI peut exclure Strategy de ses indices | Trésoreries Bitcoin
MSCI, l’un des principaux fournisseurs d’indices boursiers, a finalisé le 15 octobre des règles, proposées en août, qui permettent d’exclure de ses indices actions les sociétés détenant principalement des investissements plutôt qu’une activité opérationnelle.
La méthode procède en deux temps. Un premier test vérifie la présence d’actifs d’exploitation substantiels. En cas d’échec, un second test examine cinq ratios financiers : charges, flux de trésorerie, variations de valeur des actifs et dépendance au financement externe. La société devient inéligible si quatre ratios sur cinq, ou plus, sont en défaut. Le retrait suppose un échec sur chacun des deux derniers exercices. Ces règles remplacent les mesures temporaires d’octobre 2025, qui visaient les sociétés dont les crypto-actifs représentaient au moins 50 % du total.
Calendrier : liste définitive le 11 novembre, sortie effective à la clôture du 30 novembre. Le premier test, sur données de mai 2026, désigne Strategy (ex-MicroStrategy, 848 250 BTC), Metaplanet au Japon et Yellow Cake, détenteur britannique d’uranium physique.
Selon JPMorgan, les fonds indiciels pourraient vendre environ 2,8 milliards de dollars d’actions Strategy. Ces ventes porteraient sur l’action, pas sur les bitcoins détenus. L’action a clôturé à 151,29 dollars le 15 octobre, environ 72 % sous son record de 543 dollars de novembre 2024. Strategy juge la mesure « discriminatoire » ; 198 sociétés cotées ont adopté une stratégie d’accumulation de bitcoins.
Notre lecture : une action de trésorerie Bitcoin ajoute au prix du Bitcoin un risque de structure, de levier et désormais d’indice. Une exposition directe, conservée dans un cadre régulé, n’en porte aucun des trois.
Source : Coin Academy
Interactive Brokers ouvre le staking d’Ether | Adoption
Interactive Brokers ouvre le staking à ses clients : depuis le 13 octobre, les clients éligibles peuvent mettre leurs ETH en staking depuis leur espace client. Le staking consiste à immobiliser ses ETH pour participer à la validation des transactions du réseau Ethereum, en échange d’une rémunération.
Le service est opéré par le prestataire zerohash. Les récompenses, versées en ETH, se capitalisent tant que les avoirs restent immobilisés. Seul Ethereum est concerné, selon l’éligibilité et le pays de résidence. Le courtier ne communique ni frais de staking ni rendement ; zerohash précise que chaque plateforme fixe ses frais, prélevés sur les récompenses. La rémunération dépend donc du réseau, des frais et des éventuelles pénalités, sans aucune garantie.
Environ 43,7 millions d’ETH sont déjà immobilisés, soit 35,77 % de l’offre en circulation et environ 110 milliards de dollars.
Le courtier décrit lui-même les risques : ETH immobilisés ni vendables ni transférables immédiatement ; délai de sortie non garanti, environ 962 000 ETH attendant aujourd’hui leur sortie, avec un délai estimé proche de 17 jours ; slashing, la pénalité infligée à un validateur défaillant ; actifs hors de la conservation du courtier et hors couverture SIPC, le fonds américain de protection des investisseurs.
Son dirigeant, Milan Galik, assume l’objectif : « We want clients to earn more from the assets they hold ». Rappel de notre édition du 6 octobre : le staking est l’un des trois chantiers que l’ESMA veut encadrer dans la révision de MiCA.
Source : CryptoSlate
L’équipe vous remercie pour votre temps et vous dit à dans deux semaines !
Qwarks SAS est prestataire de services sur crypto-actifs agréé MiCA par l'AMF, numéro d'agrément A2026-014 du 21/05/2026, et établissement de paiement agréé par l'ACPR, décision du Collège du 21/09/2026, dans la limite des services de conservation et de transfert de jetons de monnaie électronique.