L’hebdo crypto du 3 novembre 2026

Hebdo Crypto du 3 novembre 2026 : Binance et Polymarket piratées, des portefeuilles Trezor trafiqués, la sécurité au cœur de la quinzaine

Un mardi matin sur deux, café en main, retrouvez l’incontournable du marché crypto résumé par notre équipe.

5 minutes de lecture pour rester à jour ! Voici ce qu’il faut retenir de la quinzaine.

Binance subit le plus gros piratage de l’histoire des crypto-actifs | Sécurité

Binance a subi le jeudi 29 octobre le plus important vol de crypto-actifs jamais enregistré : environ 6,3 milliards de dollars, contre 1,5 milliard pour Bybit en février 2025. Vers 20h05 UTC, des attaquants ont vidé des portefeuilles chauds, ces portefeuilles connectés qui servent aux retraits courants, sur une dizaine de blockchains et en une vingtaine de minutes pour l’essentiel. Selon TRM Labs, le butin comprend 18 270 BTC, 200 630 ETH, 1,875 milliard d’USDT, 823 millions d’USDC, du XRP et du SOL.

Selon l’enquête préliminaire présentée par Richard Teng, co-CEO, l’attaque serait partie de l’ordinateur portable compromis d’un ingénieur, puis aurait atteint un serveur interne d’où des retraits non autorisés auraient été ordonnés. Une délégation EIP-7702, fonction d’Ethereum qui confie l’exécution d’un portefeuille à un programme, aurait permis de contourner les contrôles d’approbation. L’enquête n’impute la responsabilité à personne, et aucune fuite de clé privée n’a été constatée à ce stade.

Environ 3 milliards de dollars ont été gelés, surtout en stablecoins, par Tether et Circle, le BTC et l’ETH ne pouvant pas l’être de la même manière. Binance assure que les pertes ne seront pas répercutées sur les utilisateurs : son fonds de garantie SAFU et ses fonds propres auraient reconstitué environ 95 % du montant au 1er novembre, date de la réouverture progressive des retraits. TRM Labs relie l’attaque au groupe nord-coréen TraderTraitor ; Binance ne l’attribue pas.

La sécurité se joue dans toute la chaîne qui mène d’un poste de travail à la machine qui signe : qui émet un ordre, qui le vérifie, combien de personnes l’approuvent. En Europe, MiCA rend le prestataire qui conserve des crypto-actifs responsable de leur perte lorsqu’elle résulte d’un incident qui lui est imputable, dans la limite de leur valeur de marché (article 75) ; DORA impose de documenter et de tester ces chaînes de contrôle.

Source : Cointelegraph

Des portefeuilles Trezor piégés vendus par un revendeur | Sécurité

Trezor a lancé le 30 octobre un appel urgent : les clients ayant acheté depuis mars 2026 un portefeuille matériel, petit appareil qui garde hors ligne les clés d’accès aux crypto-actifs, auprès du revendeur CryptoBilis doivent transférer leurs fonds. L’avertissement vise tous les modèles vendus par ce revendeur, y compris via les boutiques en ligne qu’il approvisionnait.

L’alerte part d’un client indonésien. Sur un Trezor Safe 5 acheté en août sur Tokopedia, un site de commerce en ligne, il a découvert entre la carte principale et l’écran un circuit supplémentaire doté d’un module cellulaire et d’une antenne. Selon lui, ce composant lit la phrase de récupération, la liste de mots qui permet de reconstituer le portefeuille, affichée à l’écran lors de la configuration, puis la transmet par le réseau mobile.

Sans avoir examiné l’appareil, Trezor a jugé les photos et un entretien vidéo suffisamment crédibles. CryptoBilis, qui distribuait aussi des Ledger en Asie du Sud-Est, avait été exclu du réseau agréé de Trezor le 9 octobre ; Trezor indique collaborer avec Ledger. Aucune perte n’a été signalée à ce stade.

Les consignes de Trezor sont précises : ne plus utiliser l’appareil ; créer un nouveau portefeuille avec une nouvelle phrase de récupération et y transférer les fonds, car restaurer l’ancienne phrase ne suffit pas ; ne pas ouvrir ni peser l’appareil pour chercher un implant. Un remplacement est proposé.

La règle reste d’acheter un portefeuille matériel directement chez le fabricant, et de ne jamais utiliser une phrase de récupération que l’on n’a pas générée soi-même.

Source : Cryptoast

ICE, maison mère du NYSE, mise sur Hyperliquid | Institutions

Un géant de la Bourse traditionnelle s’adosse à une blockchain publique. Le jeudi 29 octobre, ICE (Intercontinental Exchange), maison mère de la Bourse de New York, a annoncé une participation stratégique, d’un montant non divulgué, dans trade[XYZ], premier opérateur de marchés sur la blockchain Hyperliquid. L’investisseur Stanley Druckenmiller entre aussi au capital.

Le projet vise un marché américain régulé de contrats perpétuels. Un contrat perpétuel est un contrat à terme sans date d’échéance : le trader conserve sa position aussi longtemps qu’il le souhaite, généralement avec un effet de levier. Ce marché s’appuierait sur l’infrastructure d’Hyperliquid, avec sa propre chambre de compensation et ses propres contrôles d’identification des clients et de lutte contre le blanchiment. Il proposerait des contrats sur actions, indices boursiers, matières premières, devises et crypto-actifs, accessibles via des courtiers partenaires, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Aucun calendrier n’est fixé. Le projet dépend d’une approbation de la CFTC, le régulateur américain des marchés dérivés, qui devrait accepter une infrastructure bâtie sur une blockchain publique : une première pour un opérateur de la taille d’ICE.

Selon trade[XYZ], ses marchés ont cumulé plus de 650 milliards de dollars de volume depuis leur lancement. Le token HYPE a progressé de 9 % après l’annonce, au-delà de 86 dollars.

L’enseignement est clair : l’un des plus grands opérateurs de Bourse au monde ne crée pas sa propre blockchain. Il s’appuie sur une infrastructure décentralisée existante et y ajoute le cadre réglementaire.

Source : Coin Academy

Le point marché selon Qwarks | Marché

Le seuil des 80 000 dollars a cédé, et la raison n’est pas macroéconomique.

La Fed attend, le marché anticipe une hausse

La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs entre 3,75 % et 4,00 % lors de sa réunion du 28 octobre, après la hausse de septembre, la première depuis 2023. Le vote s’est fait à 10 voix contre 2 : Lisa Cook, gouverneure, et Beth Hammack, de la Fed de Cleveland, voulaient une nouvelle hausse de 0,25 point.

Son président, Kevin Warsh, ne prend aucun engagement pour décembre : les prochaines données seront déterminantes. L’inflation de septembre atteint 3,7 % sur un an, et 2,6 % hors énergie et alimentation. Selon le CME FedWatch, outil qui déduit des contrats à terme les probabilités de décision de la Fed, le marché attribue 85 % de probabilité à une hausse de 0,25 point lors de la réunion des 8 et 9 décembre. Deux publications compteront d’ici là : l’emploi d’octobre le 6 novembre, l’inflation d’octobre le 10 novembre.

Les ETF repartent en sortie

Les ETF Bitcoin spot américains, ces fonds cotés qui détiennent directement des bitcoins, avaient recommencé à collecter la semaine du 19 au 23 octobre : environ +300 millions de dollars, avec +526,6 millions le 19 et +528,4 millions le 21, puis -635,5 millions le 22. La semaine suivante s’est soldée par -202,6 millions, dont -643,3 millions le vendredi 30, plus forte sortie du mois, au lendemain du piratage de Binance. Sur l’ensemble d’octobre, le solde atteint -515 millions de dollars, avec 13 jours d’entrées et 9 de sorties. Les ETF Ether ont perdu 220,7 millions sur la semaine du 19 au 23 octobre, en données provisoires.

Les cours

Actif31/12/202530/0916/1023/1030/10
Bitcoin (BTC)87 508,8383 556,1581 500,8081 074,1977 198,21
S&P 5006 845,507 651,547 659,447 623,687 580,07

Cours de clôture en dollar. Sur la quinzaine, du 16 au 30 octobre, le Bitcoin recule de 5,3 % et le S&P 500 de 1,0 %.

Les performances en euro

Actif7 jours1 mois2026 (au 30/10)
Bitcoin (BTC)-4,6 %-6,1 %-7,2 %
S&P 500-0,4 %+0,7 %+16,5 %

Performances en euro, arrêtées au 30 octobre 2026 à la clôture, converties aux taux de référence de la Banque centrale européenne. Le S&P 500 est un indice de prix, dividendes non réinvestis. L’euro recule de 0,7 % face au dollar sur la quinzaine, et de 4,9 % depuis le 1er janvier.

Notre lecture

Il y a quinze jours, nous écrivions que la tendance restait intacte tant que le Bitcoin tenait au-dessus de 80 000 dollars, mais que le moteur des flux institutionnels s’était arrêté en attendant la Fed. Le seuil a cédé, et pour une raison qui n’est pas macroéconomique : la Fed n’a pas bougé, et les ETF avaient recommencé à collecter la semaine précédente. Le passage sous 80 000 dollars coïncide avec le piratage de Binance, suivi le lendemain de la plus forte sortie d’ETF du mois.

Le marché a pourtant absorbé un vol de 6,3 milliards de dollars sans panique : environ 4 % de baisse le jour même, et des retraits rouverts en trois jours.

Le risque principal reste devant nous. Une hausse de taux en décembre, jugée très probable par le marché, pèserait sur les actifs les plus sensibles à la liquidité. Nous rétrogradons donc notre lecture d’un cran, de « tendance intacte, moteur à l’arrêt » à « consolidation sous 80 000 dollars », en attendant les chiffres de l’emploi et de l’inflation des 6 et 10 novembre. Cette lecture reste une anticipation, pas une certitude.

Sources : Réserve fédérale, Reuters et HackerNoon ; probabilités, CME FedWatch ; flux ETF, Farside Investors et TFTC ; cours, Yahoo Finance via StatMuse ; change, taux de référence de la Banque centrale européenne.

Polymarket piratée pour la deuxième fois en quatre mois | Sécurité

Polymarket a été compromise le 29 octobre. Cette plateforme de marchés de prédiction, où l’on parie sur l’issue d’événements d’actualité, a vu environ 3,46 millions de dollars d’actifs touchés et plus de 700 utilisateurs concernés, selon les estimations de la société d’analyse Bubblemaps. Environ 2,7 millions ont été convertis et sortis de la plateforme. Le trading a été restreint de 18h05 à 19h05 UTC, selon la fiche d’incident de Polymarket.

L’attaque n’a pas visé le cœur du système. Selon l’analyse de Hudson Rock, elle est passée par un prestataire tiers compromis et par un script externe chargé par le site, qui ciblait le client de trading et son signataire, le composant qui signe les opérations de l’utilisateur. Hudson Rock n’a pas prouvé le vol de clés privées.

Polymarket indique avoir corrigé le problème et saisi les forces de l’ordre. La plateforme promet de rembourser les utilisateurs touchés, sans calendrier ni modalités.

C’est le deuxième incident en quatre mois : le 25 juin 2026, environ 3 millions de dollars avaient déjà été drainés par un script malveillant injecté via un fournisseur compromis.

Le parallèle avec Binance s’impose, à une autre échelle : dans les deux cas, le maillon faible est un composant extérieur au cœur du système, un poste de travail d’un côté, un fournisseur de l’autre.

Source : CryptoSlate

Le crédit agricole et immobilier américain arrive sur la blockchain | Tokenisation

Le 28 octobre, Birch Hill, une startup new-yorkaise de huit personnes, a annoncé une levée d’amorçage de 4 millions de dollars menée par Multicoin Capital, avec ParaFi Capital, Castle Island Ventures et Nascent. Elle a levé 6,5 millions de dollars au total.

Ses fondateurs viennent de la finance traditionnelle : Bhavin Vaid est passé par Goldman Sachs et Cerberus Capital Management, Connor Flanagan a travaillé plus de quatre ans chez BlackRock, notamment sur Aladdin, sa plateforme de gestion des risques.

Birch Hill sélectionne et paramètre le risque de coffres de prêt sur Morpho, un protocole de prêt sur blockchain, et conçoit des produits de crédit. Elle a demandé un agrément de courtier auprès de la FINRA pour placer du crédit privé auprès d’investisseurs qualifiés.

Son projet consiste à titriser, c’est-à-dire regrouper des prêts pour en faire des titres négociables, des prêts américains immobiliers résidentiels collectifs, agricoles et énergétiques, conçus pour être détenus sur la blockchain dans le cadre réglementaire américain. La société a rencontré la SEC Crypto Task Force en août. « Les originateurs de prêts ont besoin de nouvelles sources de capital, et les prêteurs sur blockchain ont besoin d’un crédit en lequel ils peuvent avoir confiance », résume Bhavin Vaid.

Après les fonds monétaires et les actions, la tokenisation gagne le crédit privé, un marché fragmenté où la blockchain promet transparence et liquidité. Le cadre réglementaire américain reste toutefois à finaliser.

Source : Decrypt

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